Démarche

 

Ma recherche se situe dans un champ que je nomme Image bruit : où l’image n’est pas celle que l’on voit mais celle que l’on visualise pour soi. Autrement dit : une image n’existe que si elle est mémorisée.

Mon intérêt pour l’empreinte visuelle est né d’une cure psychanalytique que j’avais entamée il y a quelques années en parallèle d’une reprise d’études en cinéma. Alors que je travaillais à faire ressurgir des souvenirs enfouis, j’assimilais simultanément les techniques du signal vidéo. Entre l’analyse de matière affective et mon apprentissage de la définition de l’image numérique, il y a eu confluence et questionnement. Qu’y a-t-il entre la donnée originale, celle perturbée par la sauvegarde et celle déformée de sa projection ? Des résidus mémoriels que notre inconscient nous dérobe. J’interroge alors la valeur ajoutée à une image dont j’enlève délibérément de son information. En manipulant les nombreux codecs des formats haute et basse résolutions qui nous entourent, j’exacerbe ce qu'un cliché tente de dissimuler : son imperfection. Ce n'est pas tant ce qu'une photo nous montre que le traitement accidenté de sa reproduction qui est le sujet de mes préoccupations. Le pixel, remplaçant le point, sera mon révélateur. 

Mes remix sont des processus d’évocations réalisés à partir d’échantillons personnels, d’archives patrimoniales numérisées et mises en ligne par différentes institutions, voire même de photographies libres de droits provenant de sites dédiés. Au-delà de la reconnaissance de l’objet, j’invite le spectateur à traverser cet espace indéfini, ce fameux bruit, entre l'image et sa perception.

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